La place publique
Quelle soit un parc, une pelouse ou un
parvis, la place publique est un lieu significatif qui permet à la vie
politique de s’exprimer et de vivre pleinement. Que l’on pense à Times’ Square,
la place Tahrir, la place de la Bastille ou au parc Émilie-Gamelin, ces espaces publics sont une nécessité
dans les villes. L’ensemble des grands mouvements politiques et sociaux où ils
ont pris naissance en est la preuve incontestable.
Les leaders et penseurs de la ville d’hier
et d’aujourd’hui l’ont compris. Parfois, ils les ont créés pour l’encouragrer
et d’autres fois ils y ont empêché l’accès, par les armes – place Tiamanmen en
1989, par exemple.
Il est important et essentiel qu’un
gouvernement démocratiquement élu en permet l’accès et n’y empêche aucunement
les rassemblements. Ces espaces urbains deviennent particulièrement vitaux dans
des moments tel que nous vivons présentement au Québec. Ils permettent à tous
ceux qui le désirent de se rencontrer et d’exprimer leur voix pour ou contre
une idée.
Je ne parle pas uniquement de
contestations. Pourtant, ils étaient très nombreux le 14 mai dernier pour
saluer et célébrer l’élection de François Hollande à titre de président. Tout
aussi nombreux pour célébrer l’excellence du Cirque du Soleil à la Place des
Arts en 2006. Encore plus nombreux dans la capitale chinoise, en 1989, pour
dénoncer le régime en place.
Ces espaces urbains sont nécessaires à la
vie de la ville, mais à la vie des citadins. Tant en démocratie qu’en dictature.
Comme le dit l’adage, c’est sur la place publique que tout ce dit…
Sans la place publique, nous virerions dans
une ville (une société) contrôlée, hermétique et secrète où règne la peur, le
mensonge et la dénonciation. Présentement au Québec, nous frôlons
dangereusement avec ses idées. Le contrôle policier et coercitif actuel n’est
pas propice à la vitalité d’une bonne démocratie qui passe par l’expression des
libertés dans les rues et sur les places. La démocratie ne joue pas dans les
salons et les cabinets du pouvoir.
Marcher dans la rue et se tenir debout sur
une place est en soit un acte politique sine qua non, irrévocable et
inaliénable. Surtout dans une société de droit, comme celle qui nous avons
érigé depuis 40 ans. Créer des espaces larges et amples pour accueillir la
célébration et la contestation est preuve d’ouverture démocratique. Interdire
et restreindre l’accès est, simplement, de la dictature. Il faut absolument le
dénoncer !
Je dis ceci à nos dirigeants politiques :
malheureusement, la rue ainsi que la place appartiennent au peuple!